Malentendant ? Vous n’êtes pas seul !


Un jour nous avons accueilli dans nos bureaux, Fabrice, malentendant, 45 ans, cadre, polyglotte et responsable d’une grosse équipe dans une société européenne. Il était vraiment fatigué de devoir gérer sa surdité au quotidien. Chaque année, nous croisons une dizaine de personnes comme lui. 

Vous avez aimé notre atelier ! Suite à votre demande, nous en organisons un nouveau le samedi 14 octobre 2017 de 10h00 à 16h00, toujours à la Galerie Humanescence, Rue Godefroid 20 – 5000 Namur.

 Fabrice, on se souvient bien qu’il nous a demandé, comme tant d’autres : « Mais ils sont où les autres sourds ? Je ne les vois jamais ! ». Il était surpris de connaître le nombre supposé de personnes sourdes et malentendantes en Belgique. Il se demandait aussi si ce serait utile pour lui d’apprendre la langue des signes, à ce stade de sa vie. Il nous a parlé de sa séparation il y a quelques années et il exprimait aussi sa fatigue de paraître normal, de cacher sa surdité, surtout en tant que responsable d’équipe. Selon lui, on interprétait parfois mal ses comportements, ne tenant pas compte de sa surdité. Nous ne l’avons plus revu, il est juste venu pour être écouté. Il nous a, en passant, aussi demandé où il pouvait trouver des aides techniques pour se faciliter la vie à la maison.  

Nous avons aussi rencontré Véronique, Sylvie et Eléonore, toutes brillantes qui nous parlaient de leur parcours de combattantes pour trouver un emploi qui leur plait, qui leur permet de s’épanouir et qui tient compte de leur surdité. Lorsqu’on les écoutait, on avait l’impression que le fait qu’elles fassent tout pour paraître normales était presque problématique car cela les empêchait de clarifier leurs besoins et d’en parler.

Et puis il y a eu Catherine, cheffe d’entreprise,  sourde profonde, hautement diplômée et tellement habituée à se débrouiller sans aide qu’elle semblait avoir une surdité légère, alors qu’en fait elle n’entendait presque plus rien. A 40 ans, elle a réalisé qu’elle ne pouvait plus continuer à vivre de cette façon et qu’elle était psychologiquement épuisée. Ni son mari ni ses enfants ne comprenaient sa surdité. Au cours d’une même année, elle a divorcé, s’est fait poser un implant cochléaire et a appris la langue des signes, et, finalement, c’est la langue des signes, avec sa porte ouverte vers une meilleure socialisation, qui lui permet de s’épanouir aujourd’hui. Elle continue de naviguer entre ses amis sourds et ses amis entendants. Elle souhaite aujourd’hui retirer la partie interne de son implant cochléaire, et ce ne sera pas une mince affaire.

Et que dire de Françoise, cette femme de 55 ans qui est devenue complètement sourde, et dépendante de son mari, suite à une maladie, et que l’on a forcée à quitter son emploi d’enseignante ? Elle a commencé à apprendre la langue des signes uniquement par nécessité parce que cette langue la repoussait. Hélas, pour elle aussi, l’implantation cochléaire fut une tentative infructueuse de récupérer l’ouïe.

Que vous ayez une surdité légère ou profonde, vous avez souvent en commun la capacité à bien oraliser, à bien maîtriser le français et à évoluer dans un milieu entendant, sans pairs sourds et malentendants, et vous ne connaissez très probablement pas de langue des signes. Votre regard est souvent différent des personnes qui sont impliquées dans la communauté sourde depuis longtemps.

Nous voulons vous permettre de vous rencontrer et vous écouter. Pour cela, nous organisons un atelier le 10 juin 2017 à Namur.

Nouvel atelier le 14 octobre 2017
De 10h00 à 16h00.
Galerie Humanescence
Rue Godefroid 20
5000 Namur

 Inscription souhaitée avant le 7 octobre  Je m’inscris

Découvrez aussi l’ensemble du cycle des ateliers « Emploi » « Famille » et « Communication ».