REMERCIEMENTS
Nous sommes particulièrement satisfaits du déroulé de Salon de la Surdité et nous tenons à remercier l’ensemble des pouvoirs subsidiants et des sponsors qui ont répondu positivement à notre demande, sans lesquels cet événement n’aurait pas été possible. Nous souhaitons aussi exprimer notre gratitude envers les nombreux bénévoles qui ont œuvré durant cette journée, et ce avec beaucoup de générosité et de passion. Nous avons également bénéficié du soutien de la Ville de Forest, du Bourgmestre Marc-Jean Ghyssels et de l’Echevine Mariam El Hamidine.
NOUVEAU CONCEPT, NOUVEAU PUBLIC
Cette année nous avons donné une nouvelle forme à la concrétisation de la Journée Mondiale des Sourds que notre Fédération organise depuis 1994, sous l’égide de la World Federation of the Deaf (WFD). L’événement portant jusque-là, le même nom que la Journée Mondiale elle-même, nous avons choisi d’opérer une distinction en le baptisant « Salon de la Surdité ». Ce changement de communication marque une volonté de notre part de nous afficher comme représentants de toutes les personnes qui ont une surdité, qu’elle soit légère, sévère ou profonde, et que ces personnes pratiquent ou non la langue des signes. Nous regrettions l’absence d’un public malentendant lors des éditions précédentes. Or, pour nous si un salon sur le thème doit se tenir, c’est justement pour informer un public non averti des différents services et avancées qui sont mis en place pour les personnes sourdes et malentendantes. Nous remarquions aussi la faible participation des familles entendantes et des parents entendants d’enfants sourds. Nous ne voulions plus que le public pense que cette journée est organisée par des sourds uniquement pour des sourds parce-que tout entendant et/ou professionnel qui est amené à avoir un lien avec la surdité, tôt ou tard dans sa vie ou sa carrière peut se sentir concerné par le Salon de la Surdité. Celui-ci s’est tenu, pour sa première édition, le 23 septembre 2017 au Wild Gallery à Forest.
Le Salon a été un vrai succès et nous n’avons presque pas eu de retours négatifs. Les exposants étaient heureux de ce changement et de la professionnalisation que nous y avons apportée, au regard des années précédentes. Nous pouvons aujourd’hui honnêtement affirmer que notre objectif a été atteint. Plus de 1000 visiteurs comptabilisés ont été au rendez-vous et notre public s’est diversifié, comme nous l’espérions. Chaque exposant nous a confirmé que le public auquel il s’adresse était bien présent. Nous avons constaté une recrudescence de personnes malentendantes, parfois très démunies et isolées, et peu avisées des services existants pour elles ainsi que de parents d’enfants sourds. Nous étions aussi agréablement surpris par le nombre de professionnels (logopèdes, psychologues, porteurs de projets divers, futurs enseignants…).

LES THÈMES DE LA JOURNÉE
Nous avons choisi d’orienter le salon autour de trois grandes thématiques centrales pour les personnes sourdes et malentendantes. En premier lieu, les solutions technologiques peuvent beaucoup améliorer la fluidité de la communication. En plus des systèmes d’alerte lumineux que l’on peut installer à domicile, aujourd’hui l’émergence des applications mobiles offrent d’autres possibilités comme l’interprétation à distance, par téléphone, et la transcription écrite des messages oraux, qu’ils soient formulés de visu ou à distance. Elle permet aussi l’emploi plus systématique du sous-titrage et de la vélotypie en conférence par exemple. Ensuite, il nous semble que l’accès à l’emploi est une préoccupation permanente. On sait que notre société actuelle n’est pas en mesure de fournir du travail à tous, mais là où des aides et dispositifs d’insertion à l’emploi existent pour le tout public, leur équivalent n’est pas si évident pour les personnes sourdes et malentendantes. Nous souhaitions rappeler à tous que d’une part, si des efforts restent à faire, d’autre part il existe des services d’accompagnement spécifiques qui ne sont pas encore suffisamment reconnus. Ces services ont été représentés au salon. Et enfin, parce que c’est une tradition et parce que c’est tellement important:la dimension culturelle de la surdité ne peut pas passer inaperçue. La langue des signes et la réunification régulière des personnes sourdes entre elles véhiculent une culture qui est aussi importante et riche que n’importe quelle autre. L’accès à celle-ci est aussi une espèce de sésame qui permet à bon nombre de personnes sourdes et malentendantes isolées de se sentir mieux dans leur peau. Et enfin, il reste encore tant de personnes sourdes et malentendantes pour lesquelles l’accès à l’écrit n’est ni une évidence ni un gage d’accessibilité et le recours à la langue des signes reste une condition sine qua non à leur pleine participation à la société et leur épanouissement.

NOS EXPOSANTS
Nous avons accueilli plus de40 exposants. Ce nombre est supérieur à celui des années précédentes. Parmi nos exposants phares on a retrouvé UNIA, le Centre interfédéral pour l’égalité des chances ; la Plateforme Prévention SIDA et ses outils de prévention adaptés ; Roger Voice une application de transcription des appels téléphoniques ; Unitact un dispositif de bracelet vibrant; Veranneman un revendeur d’aides techniques pour l’aménagement du domicile et du poste de travail;Authot pour le sur-titrage de conférences ;le SPF Finances pour l’évaluation en direct et avec le public, des dispositifs adaptés d’aide au remplissage à la déclaration d’impôts ;le service d’Interprétation pour Sourds de Wallonie et de Bruxelles et le service Relais-signes pour l’interprétation à distance et d’appels téléphoniques;la cellule Access de la RTBF qui s’enquérait de l’avis du public sourd et malentendant sur ce qu’elle met en place pour l’accessibilité de la chaîne publique. Nous avons aussi retrouvé les habituels : centres de rencontre pour sourds et malentendants ;associations sportives, culturelles et religieuses ; services d’accompagnement spécifiques ;associations spécialisées dans la sensibilisation et les cours de langue des signes avec notamment une démonstration de cours de langue des signes en ligne (e-learning);une organisation de jeunesse spécifique;la plateforme Surdicécité; centres d’hébergement spécifiques ; crêches et écoles porteuses de projets pédagogiques novateurs ou ayant fait leurs preuves.
NOS CONFÉRENCES
La journée a été ponctuée par la présentation de plusieurs conférences. En matinée, nous avons assisté à la présentation du Selor qui souhaitait informer le public sur les possibilités de travail offertes au sein de l’administration fédérale pour les personnes ayant un handicap. Début d’après-midi, nous avons présenté le témoignage vidéo de cinq personnes sourdes qui ont toutes retracé quelques grandes lignes de leur parcours scolaire et professionnel avec la surdité. D’autres aspects auraient pu être abordés mais nous avons dû faire des choix, vu le temps limité que nous pouvions y consacrer. La conférence a eu un succès énorme et beaucoup de personnes étaient très intéressées par ce qui a été soulevé lors de ces témoignages. On y découvrait par exemple que l’implant cochléaire n’est pas l’unique condition de réussite scolaire et professionnelle ou que faire partie d’une famille de sourds et revendiquer l’usage de la langue des signes ne signifie pas nécessairement vivre en vase clos, ou avoir une surdité profonde qui ne permet pas de lire sur les lèvres. Nous avons été ravis d’y constater la présence de parents d’enfants sourds au sein du public.
A 14h nous avons présenté un projet que nous destinons aux organisations qui veulent être accessibles aux personnes sourdes et malentendantes et qui recherchent des conseils : le site Internet www.visualmundi.be qui découpe ses conseils suivant le type d’endroit qui doit être adapté (lieu public, culturel, école, emploi…) et dans une logique de mise en place de l’adaptation (agencement des lieux, apport de la technologie, importance du facteur humain). Le public de la conférence nous a semblé correspondre à celui à qui le site s’adresse prioritairement.
A 15h ce sont les jeunes sourds belges qui sont partis à un camp de la World Federation of the Deaf Youth Section (WFDYS) en avril 2017 qui nous ont présenté leur expérience. C’était l’occasion de montrer à tous que de tels camps existent et qu’il est possible pour tous les jeunes sourds d’y participer. Pour eux, c’est une belle occasion de vivre une expérience de la jeunesse sans de – voir se préoccuper des difficultés liées à la surdité. Du point de vue identitaire, ce type de démarche aide souvent l’adolescent sourd à trouver sa place et un équilibre entre adaptation quotidienne et intégration dans une communauté signante et tout à fait accessible. A
16h, la société Veranneman est venue présenter les aides techniques qu’elle peut mettre à la disposition du public sourd et malentendant. Ont donc été repassés en revue, face à un public très curieux, les aides permettant l’aména – gement du domicile (avertisseurs lumi – neux, amplificateurs sonores), les différentes boucles à induction magnétique et aides auditives. Les parents d’enfants sourds étaient aussi très intéressés par cette conférence. Il n’est pas toujours facile pour eux de se tenir informés de ce qui existe, s’ils ne sont pas et même s’ils le sont, suivis par un centre de rééducation fonctionnelle. L’après-midi de conférences a été clôturé par un conte bilingue français-langue des signes et un tirage au sort visant à déterminer qui étaient les heureux gagnants du concours organisé dès le matin.
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